Pendant tout le Moyen Âge, Conques fut un important sanctuaire où étaient vénérées les reliques du crâne de sainte Foy. Elle est célèbre grâce à son église abbatiale dont l'architecture et les sculptures du porche sont remarquables, et son trésor, notamment la statue en or de Sainte Foy. Depuis le XXe siècle, elle a été déclarée « étape majeure » sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle (Via Podiensis) parce qu'elle est citée dans le dernier Livre du Codex Calixtinus, pratiquement inconnu jusqu'à son édition en latin en 1882. C'est aussi un très joli village classé par l'association Les plus beaux villages de France. Le lien supposé avec le pèlerinage à Compostelle a valu à Conques, en 1998, le classement au Patrimoine mondial de l'humanité de l'abbatiale et du pont sur le Dourdou.

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Conques

On pense que, dès le Ve siècle, aurait existé à cet endroit une petite agglomération autour d'un oratoire consacré au Saint-Sauveur. Cet oratoire, après le passage des Sarrasins, aurait été reconstruit vers 730 par les soins de Pépin le Bref, puis par Charlemagne. Vers la même époque, l'abbé Dadon y fonda un monastère qui adopta en 819 la règle de saint Benoît. Cette abbaye, à l'organisation sociale bien structurée, va progressivement réunir d'importants domaines fonciers et constituer un îlot de prospérité dans la détresse économique du IXe siècle.

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À ce moment, entre 864 et 875, événement capital, un moine de Conques, Ariviscus, parvient à soustraire les reliques de sainte Foy dans une église abbatiale, située aux environs d’Agen, où sainte Foy avait subi le martyre à l'âge de douze ans en 303. Cette pratique est très courante au Moyen Âge, elle est pudiquement appelée « translation ». Ce vol pieux aurait immédiatement déclenché des miracles ce qui provoqua le venue de nombreux pèlerins.

Pendant la même période, un tombeau attribué à l'apôtre saint Jacques, à Compostelle, fut découvert à Compostelle. Vers 955-960, le comte de Rouergue est l'un des premiers pèlerins qui se rendent en Galice pour vénérer l'apôtre. Trente ans plus tard, son fils Raimond eut un enfant et fut vainqueur des musulmans, aux environs de Barcelone ; en signe de reconnaissance, il fait cadeau à Conques d'une magnifique prise de guerre, une selle garnie de parements d'argent ciselé, avec lesquels les moines fabriquent une grande croix qui deviendra le symbole des chrétiens.

Tout au long du XIe siècle, sainte Foy, au nom symbolique, patronne la croisade de la Reconquista espagnole. Deux moines de Conques deviennent évêques en Navarre et en Aragon : Pierre d'Andoque, à Pampelune, vers 1077, et, en 1100, un certain Pons, dans la ville de Barbastro (Gaspar), où, l'année suivante, le roi Pierre Ier d'Aragon fonde un monastère dédié à sainte Foy.

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Au départ de Conques, deux itinéraires s'offraient aux pèlerins pour rejoindre le Quercy et l'abbaye de Moissac. Le plus court franchissait le Dourdou sur le vieux pont vers Aubin. Mais le plus fréquenté passait sous la Porte de La Vinzelle pour se diriger sur Grand-Vabre et Figeac au sud-est.

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L'église abbatiale Sainte-Foy

L'édifice est commencé, entre 1041 et 1052, par l'abbé Odolric. Le chevet fut certainement achevé avant son décès en 1065. Ensuite, les travaux traînèrent quelque peu et la nef ne fut terminée qu'au début du XIIe siècle. Il est, en outre, possible que le monument ait été modifié en cours de chantier. Ainsi, le chevet débute-t-il par une série de quatre chapelles échelonnées pour n'adopter qu'ensuite le système à déambulatoire et chapelles rayonnantes.

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Elle est construite suivant un plan en croix classique, mais à cause de la configuration du terrain (en pente) le transept est plus long que la nef. Les deux tours de façade datent du XIXe siècle.

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Sainte-Foy a été une des principales sources d'inspiration pour les églises romanes d'Auvergne.

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Le portail occidental de l'abbatiale Sainte-Foy est surmonté d'un tympan décrivant le Jugement dernier. Il est considéré comme « l'une des œuvres fondamentales de la sculpture romane par ses qualités artistiques, son originalité et par ses dimensions ».

Il représente le Jugement dernier, d'après l'Évangile selon Matthieu. Il comporte 124 personnages, l'ensemble est divisé en trois niveaux. Tout en haut dans les angles on peut voir deux anges sonneurs de cor, au centre trône le Christ en majesté, avec les élus à sa droite, au Paradis, et les damnés à sa gauche, en Enfer.

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L'intérieur de l'abbatiale est très sobre, la voûte est très haute (22 m), le chœur est entouré d'un déambulatoire permettant aux fidèles de défiler autour des reliques de Foy d'Agen. Il est orné de superbes grilles datant du XIIe siècle. La sacristie est décorée de fresques du XVe siècle qui racontent le martyre de la sainte. Au fond du transept gauche, on peut admirer un haut-relief représentant l'Annonciation, sculpté par le même artiste que celui qui exécuta le tympan. Les vitraux de Pierre Soulages réalisés entre 1987 et 1994 en collaboration avec le verrier Jean-Dominique Fleury ajoutent un aspect contemporain à l'atmosphère sobre et recueillie de l'église.

Les chapiteaux constituent un exemple parfait de l'art roman. Le plus ancien de ceux-ci semble être celui de Saint Pierre crucifié la tête en bas. Des chapiteaux à entrelacs sont également présents. Il y a aussi des thèmes de combats entre cavaliers et hommes d'armes, peut-être liés aux croisades.

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Au XIIIe siècle, l'abbaye se renforce et atteint l'apogée de sa puissance économique, mais elle décline aux XIVe et XVe siècles, et sera finalement sécularisée le 22 décembre 1424.

Abandonnée depuis la Révolution, Conques fut redécouverte en 1837 par Prosper Mérimée, alors inspecteur des Monuments historiques. Le trésor et le grand portail avaient été conservés intacts par les habitants, mais l'église dut subir des consolidations.

En 1873, Mgr Bourret, évêque de Rodez, s'adressa auprès du père Edmond Boulbon, restaurateur de l'ordre canonial de Prémontré en France à Saint-Michel-de-Frigolet, en Provence, pour le renouveau du culte de sainte Foy et du pèlerinage. C'est ainsi que le 21 juin 1873, une petite colonie de six chanoines réguliers, vêtus de l'habit blanc de l'ordre, fut installée solennellement dans l'antique abbaye par l'évêque de Rodez. Les habitants de Conques, en ce printemps de la jeune Troisième République, voyaient refleurir une époque dont ils avaient perdu jusqu'au souvenir : les cloches de l'abbatiale allaient sonner de nouveau matines, laudes, vêpres et complies…

En 1911, un musée fut construit par les Monuments historiques pour abriter le plus fameux trésor du Moyen Âge qui soit parvenu jusqu'à nous. Les reliques de sainte Foy, retrouvées en 1875, ont été reconnues, et, depuis 1878, le pèlerinage a été remis en honneur.

Château d'Humières

C'est une bâtisse du XVIe siècle avec des consoles sculptées, et une haute tour d'escalier.

On remarquera une curieuse fenêtre à meneau qui épouse l'arrondi de l'angle du mur, au nord-ouest.

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