Des traces d'habitation remontent à la fin de l'âge du bronze. Cependant au moment du passage d'Hannibal en -218, on ne sait pas si la ville est peuplée d'Ibères, ou des descendants des Sordes cités par "Avienus", qui étaient un des peuples celtiques. Après la conquête romaine, Illiberris devient un important centre romain de la Narbonnaise, dont on peut trouver de nombreux vestiges suite à des fouilles archéologiques, une des deux principales villes du Roussillon avec Ruscino (aujourd'hui lieu-dit Château-Roussillon). La prospérité de la ville dure jusqu’au IVe siècle, sous le règne de l'empereur Constantin Ier

Après la chute de l’Empire romain en 476, les Wisigoths, maîtres de la région depuis les environs de 414, érigent la ville en siège épiscopal qui n'est attesté qu'en 571. Elne dut à ce privilège de siège épiscopal de pouvoir hériter du nom de « cité » - qui s'appliquait primitivement aux divisions administratives des provinces romaines - alors que Perpignan, sa rivale plus fortunée, ne fut jamais que « la ville ». La ville s'appelle alors Helenae. Le seigneur de la ville est l’évêque. Au XIe siècle, on édifia l’actuelle cathédrale Sainte-Eulalie-et-Sainte-Julie (les saintes patronnes de la ville) en remplacement d’une église plus ancienne. Entre le XIIe et le XIIIe siècle, les chanoines firent construire le cloître, tandis que la ville renforçait ses murailles, devenant ainsi une importante place forte. De nombreux vestiges de murailles subsistent encore de nos jours.

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L’importance grandissante de la ville voisine de Perpignan, à partir du XIIIe siècle, commença à faire de l’ombre à Elne. Les évêques se mirent à résider plus souvent à Perpignan qu’à Elne, et en 1602 le transfert de résidence fut officialisé par le pape Clément VIII, bien qu'à l'heure actuelle encore, l'évêque résidant à Perpignan se nomme évêque d'Elne et de Perpignan.

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La cathédrale Sainte-Julie-et-Sainte-Eulalie d'Elne est le siège de l'évêque d'Elne dont le diocèse recouvrait les comarques de Catalogne du Roussillon, du Vallespir et du Conflent à sa création en 571. Elle domine la ville et ses environs depuis l'éminence sur laquelle elle est bâtie, aujourd'hui « ville haute ». Construite aux XIe et XIIe siècles, monument majeur de l'art roman catalan, elle fut le siège de l'évêché de cette partie septentrionale de la Catalogne du VIe siècle jusqu'en 1602, lorsqu'il fut transféré à Perpignan. Elle est dédiée à sainte Julie et à sainte Eulalie de Mérida. 

Les deux tours-clochers sont liées par une courtine crénelée. Les clochers ne sont pas en saillis sur l'alignement de la façade occidentale. Ils ne débordent pas non plus les murs latéraux de l'église.

Seul le clocher du midi fut construit lors de l'édification de la cathédrale ; le clocher septentrional est une adjonction récente (XIXe siècle ?).

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À la différence de la plupart des cloîtres du Roussillon, le cloître d'Elne n'a pas été construit pour des moines mais pour des chanoines, clercs assistant l'évêque dans son gouvernement du diocèse. Ces chanoines disposaient de bâtiments de vie et d'étude situés à l'est et à l'ouest du cloître. La cathédrale est située au sud du cloître.

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La construction du cloître s'est faite en plusieurs étapes : la galerie sud a été réalisée à la fin du XIIe siècle, probablement par l'évêque Guillermo Jordán (1172-1186) qui y est enterré. C'est la plus remarquable. La galerie est du XIVe siècle, la galerie nord date du XIIIe siècle et la galerie ouest du XIIIe siècle. Elle a été qualifiée par Marcel Durliat de galerie "pastiche" car elle pastiche les chapiteaux de la galerie Sud2. Le cloître comptait autrefois un étage, sans doute du XIVe siècle, mais il fut détruit en 1827. Le chantier du cloître a été mené avec obstination par les chanoines d'Elne malgré le déclin de la ville face à sa rivale Perpignan. La résidence des chanoines a été transférée officiellement à Perpignan en 1602, mais le cloître devait être abandonné bien avant cette date. À la révolution il fut occupé par l'administration municipale et devint le cloître des citoyens. Les premières restaurations du monument intervinrent à cette époque.

Le cloître d'Elne est un des rares cloîtres du Roussillon à être demeuré intact sans avoir été restauré massivement. Il est, de plus, l'un des plus complet. Il rassemble en un seul monument, toute l'évolution de la sculpture médiévale en Roussillon.

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La porte par laquelle on passe de l'église au cloître est particulièrement riche. Son archivolte et ses piédroits, qui ont à une moulure près, un profil identique à celui de l'archivolte, comprennent des gorges et de larges bandeaux unis ou sur lesquels sont appliqués des tores. Les assises des piédroits et les voussoirs sont alternativement en marbre blanc et en marbre rouge.

Les bases des colonnettes de la porte débordent leurs petits socles prismatiques et sont soutenues par des modillons. Les chapiteaux sont travaillés. Le décor est propre au Roussillon avec ses monstres et ses feuillages.

Les vantaux de la porte sont armés de pentures en fer forgé d'un style archaïsant datant du XIVe siècle.

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Le cloître respecte le schéma d'architecture établi au XIIe siècle : chaque galerie compte cinq piliers quadrangulaires et huit colonnes géminées réunies par des arcs en plein cintre. Il est entièrement bâti en marbre blanc, sans doute du marbre de Céret. L'espace central est occupé par un jardin qui n'était sans doute pas accessible à l'époque médiévale, la margelle des galeries n'étant interrompue par aucune porte.

Le cloître affecte, en plan, la forme d'un quadrilatère irrégulier. Les galeries orientale et occidentale, au lieu d'être perpendiculaire à celle du sud et au mur de l'église, s'inclinent légèrement vers l'est.

 

Sur un des piliers, sont représentés trois chevaliers, dont deux sont vêtus de haubert et coiffés d'un capuchon de maille. Ils sont accompagnés de leurs écuyers. L'un des chevaliers a mis pied à terre et se tient en face d'un baron assis qui le saisit à la poitrine. Cette scène peut représenter l'entrevue des Mages et d'Hérode ou être une illustration tirée d'un fabliau.

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En 1939, en raison de la guerre civile espagnole, fut fondée la Maternité suisse d'Elne dans le château d'En Bardou, initialement pour accueillir des jeunes mères espagnoles fuyant le franquisme. Fondée par l'infirmière de la Croix-Rouge suisse Élisabeth Eidenbenz, elle resta en activité pendant la Seconde Guerre mondiale, accueillant également des mères juives et tziganes. Plus de 600 enfants y sont nés avant d'être cachés, jusqu'à la fermeture du site par la Gestapo en 1944. La maternité est maintenant un musée et des livres (Les Enfants d’Elisabeth de Hélène Legrais, et en catalan La maternitat d’Elna d’Assumpta Montella) et bientôt un film (Las Madres de Elna de Manuel Huerga) relatent ces faits.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA 3.0. Source : Article Elne de Wikipédia en français (auteurs)

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