Ce monastère fut vraisemblablement fondé au VIIIe siècle, voire au tout début du IXe siècle. Toujours est il qu'il existait déjà en 819, date de sa première mention, et qui nomme son fondateur, l'abbé Sentimir. Environ un siècle plus tard, le monastère ayant été saccagé, un acte daté du 9 juillet 981 émanant de Lothaire (roi de la dynastie carolingienne régnant alors sur la France) confirme le rétablissement total des bâtiments. Placée sous la protection directe des souverains successifs de la province (les comtes du Roussillon puis les rois d'Aragon), l'abbaye entre en plein essor, comme l'atteste une nouvelle consécration de l'église, alors agrandie, en 1153. Un peu plus tard, au XIIIe siècle, un cloître en marbre est ajouté au Nord-Est de l'église abbatiale.

 

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La façade de l'église comporte plusieurs ossuaires et sculptures romanes, 

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mais elle est surtout connue pour le portail en marbre blanc comportant le fameux linteau en marbre blanc, la plus ancienne sculpture romane datée.

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On trouve aussi deux pierres tombales représentant le défunt couché les bras croisés.

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L'église abbatiale dédiée à saint Michel est dominé par deux clochers-tour, le plus important s'élève sur la croisée du transept.

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Il existait très certainement déjà un cloître, mais aucune trace n'en a été découverte lors des travaux entrepris dans les années 1980 pour le rétablissement de l'actuel. Le cloître actuel de l'abbaye date de la fin du XIIIe siècle. On sait d'après une épitaphe qu'il était achevé en 1271.

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Vendu comme bien national à la Révolution, le cloître est fragmenté entre plusieurs propriétaires. En 1924, l'antiquaire parisien Paul Gouvert acquiert les trois-quart du cloître. Le tout est alors démantelé, sauf le quart Sud-Est (six colonnes, trois colonnettes avec le pilier d'angle) car son propriétaire avait refusé de céder sa partie du cloître. Les galeries sont désormais supportés par des piliers en brique. L'antiquaire fait alors sculpter des copies de 23 chapiteaux en véritable marbre rose de Villefranche-de-Conflent, tant et si bien qu'il peut vendre deux cloîtres, plus petits que celui d'origine. Un est installé au domaine des Mesnuls dans les Yvelines, tandis que l'autre est expédié outre-Atlantique au Philadelphia Museum of Art. Un ensemble comportant deux arcs et leurs trois supports complets (chapiteau, colonne et base) est même offert par Gouvert au Louvre en 1925. Ce qui reste du cloître (le quart Sud-Est) est alors classé monument historique.

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Le mobilier de l'église comporte essentiellement plusieurs retables baroques, notamment le retable central réalisé au début du XVIIe siècle, entièrement en bois peint.

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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA 3.0. Source : Article Abbaye de Saint-Génis-des-Fontaines de Wikipédia en français (auteurs)