L'histoire de Bellegarde puise sa source dans le royaume de Majorque. En 1285, alors que ce royaume existait depuis moins de dix ans, Pierre III d'Aragon était une menace très sérieuse pour le jeune roi de Majorque Jacques II. Afin de se défendre, il fit bâtir une tour de surveillance au-dessus du Perthus, équipée pour se défendre de façon autonome. Mais elle restait une simple tour de surveillance, avec ses 20 mètres de haut et ses murs épais de seulement 1 mètre 50.

Lorsque, durant le XIVe siècle, le roi d'Aragon reprit militairement son voisin, la tour fut délaissée d'un point de vue royal, elle ne servait plus qu'au seigneur de la région pour obliger les voyageurs à payer un droit de douane.

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Le Perthus devient un territoire français après le traité des Pyrénées (1659).

Durant la guerre de Hollande, Bellegarde est prise par les Espagnols le 8 mai 1674, puis reprise par le comte Frédéric-Armand de Schomberg après dix jours de siège, le 29 juillet 1675.

En 1679, Vauban visite Bellegarde et approuve le plan d'agrandissement considérable que lui propose son ingénieur Christian Rousselot de Monceaux. Il y apporte des corrections, dotant notamment la place d'une fortification double. L'année suivante, Louvois accepte l'essentiel du projet. Les travaux sont engagés.

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Le fort a une forme générale pentagonale. Le glacis qui l'entoure est assez important, de l'ordre de 1 km. Cinq bastions protègent l'enceinte principale, tous en relation les uns avec les autres. Derrière le rempart, un deuxième mur intérieur protège le cœur de la forteresse, marquant ainsi trois niveaux de protection : bastions, remparts, mur de protection. Le cœur de la forteresse, c'était les bâtiments de la garnison, pouvant contenir 600 hommes, une chapelle, un hôpital, une boulangerie et son moulin, etc.

 

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La chapelle était plutôt grande (11,20 m de large par 12,50 m de haut). Elle a été scindée au XIXe siècle en deux niveaux, atténuant la hauteur.

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 Les magasins à poudre étaient enterrés, dans des petits bastions autonomes et parfaitement aérés. La seule entrée du fort, la "Porte de France", a été protégée par un fortin en forme de demi-lune. Le puits est gigantesque. D'un diamètre de 6 mètres, il fait 62 mètres de profondeur. Creusé en 1698, il a été suffisant pour permettre de soutenir un siège prolongé.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA 3.0. Source : Article Fort de Bellegarde de Wikipédia en français (auteurs)

 

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Situé à 325 m d'altitude, tout à l'est des Pyrénées, le col de Panissars n'est séparé du col du Perthus que par une colline, sur laquelle trône le fort de Bellegarde. Il est courant de considérer que le massif des Albères est séparé du reste des Pyrénées par le col du Perthus ou celui de Panissars.

En 71 av. J.-C., le col était connu sous le nom de Summum Pyrenaeum et était le point de jonction de la Via Domitia au nord et de la Via Augusta au sud. Les restes visibles le long de la voie Domitienne sont vraisemblablement ceux du Trophée de Pompée érigé par Pompée et plusieurs fois mentionné par les textes antiques après la conquête de l'Espagne à la frontière entre Gaule et Hispanie et qui matérialise cette jonction.

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Le site fut utilisé comme carrière de pierres pour divers édifices de la zone. Des fortifications romaines tardives du col du Perthus, la construction et la restauration des forteresses des Cluses, autour du IVe siècle et éventuellement jusqu'au début du Ve siècle réutilisent déjà certains blocs de grand appareil montrant que la construction fut très tôt réutilisée comme carrière de pierre.

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La construction sur ce site d'un prieuré bénédictin dédié à sainte Marie, au XIe siècle, sur la route « de Saint Jacques de Compostelle » fit disparaître presque complètement ce qu'il restait du trophée. Les besoins en matériaux de construction pour le développement du fort de Bellegarde à 400 m à l'est par Vauban achevèrent de faire disparaître le site – trophée et prieuré. Néanmoins, la marque qu'avait laissé le trophée dans la littérature antique, le fait qu'il avait servi de modèle à d'autres trophées, notamment dans les Alpes, et les divers enjeux politiques sur l'établissement de la frontière entre la France et l'Espagne – par le col de Panissars et du col du Perthus ou par le massif des Corbières – favorisèrent la recherche des restes de ce site archéologique. Après de nombreuses recherches vaines le long de la voie domicienne, il fut redécouvert en 1983 sur le col de Panissars.

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À deux cent cinquante mètres vers l'ouest, la pyramide frontière no 567 surplombe le site archéologique du même nom.

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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA 3.0. Source : Article Col de Panissars de Wikipédia en français (auteurs)