PS: l'article qui suit semblait comporter un certain nombre d'erreurs, je vous invite à lire le commentaire laissé par Mme Pascale de Sagazan, responsable communication de l'abbaye Saint-Martin-du-Canigou. J'ai pu grâce à son intervention corriger certaines d'entre elles.

Vous trouverez aussi d'autres informations et découvrirez la vie aujourd'hui dans cette abbaye qui est loin d'être un simple musée ou monument à visiter, dans le lien qui suit. Abbaye Saint-Martin-du-Canigou

C'est à l'instigation du comte de Cerdagne Guifred II, arrière-petit-fils de Guifred le Velu que le monastère fut établi. Les premières mentions datent de 997, date à laquelle le chantier a probablement commencé. De nombreuses donations au cours des années suivantes montrent bien que le chantier fut mené de manière très régulière. Le 12 juin 1005, Guifred II donne avec sa femme Guisla un alleu situé sur les pentes du Canigou, sur le territoire de la commune de Vernet à l'église de Saint-Martin. Ils effectuent un nouveau don le 14 juillet 1007.

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L'église est consacrée le 10 novembre 1009 par Oliba, évêque d'Elne (son frère était abbé de Saint-Michel de Cuxa). Elle sera dédiée à Marie et aux saints Martin et Michel. Quelques années plus tard, l'église se dote des reliques de saint Gaudérique. L'abbatiale est alors agrandie et re-consacrée. Le comte Guifred II se retira à l'abbaye vers la fin de sa vie : il y mourut en 1049.

Dès le XIIe siècle, elle est rattachée à l’abbaye de Lagrasse, dans l'Aude. Cela fut cause d'un conflit qui se régla finalement par arbitrage du pape. Malgré une période faste qui fut s'en doute à l'origine de la construction du cloitre supérieur, l'abbaye sombrat irrémédiablement dans la décadence dans le cours du XIIIe siècle.

Le terrible tremblement de terre de 1428, qui fit tant de dégâts en Catalogne, ébranla sérieusement le monastère : de nombreux bâtiments furent détruits, le clocher fut écrêté, mais l'église résista tant bien que mal. Les travaux de reconstruction furent très longs en raison de l'insuffisance de moyens, malgré la mobilisation de l'épiscopat d'Elne.

En 1506, l'abbaye est placée sous commende et finit par être sécularisée en 1782 par Louis XVI.

Lors de la Terreur, l'abbaye fut fermée après expulsion des derniers religieux, et tous ses biens furent éparpillés. Les bâtiments se transformèrent alors en carrière de pierres pour les habitants des environs, les chapiteaux du cloître furent pillés, de même que les sculptures et le mobilier.

Il faudra attendre le début du XXe siècle pour que l'abbaye reprenne vie. L'évêque de Perpignan alors en fonction, monseigneur de Carsalade du Pont, entreprit à partir de 1902 la reconstruction du monastère, dont il ne restait plus grand-chose, si ce n'est le clocher, l'église (dont une partie de la voûte s'était effondrée), et trois galeries du cloître inférieur.

De 1952 à 1983, dom Bernard de Chabannes achève la restauration de l’abbaye et y rétablit la vie spirituelle.

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L'église abbatiale est constituée de deux églises superposées : l'église inférieure, dédiée à sainte Marie, et l'église supérieure, dédiée à saint Martin.

  • L'église inférieure est majoritairement souterraine, et sa hauteur sous voûte n'excède guère 3 mètres. La partie orientale (absides et travée attenante) remonte vraisemblablement à la consécration de 1009; en même temps que celles de l'église supérieure et de la chapelle du clocher; en concomitance avec les travaux menés après l'acquisition des reliques de saint Gaudérique et la nouvelle consécration de l'église.
  • L'église supérieure est, elle, le résultat d'une seule campagne de construction (en même temps que l'agrandissement de l'église inférieure). Sa construction a nécessité le renforcement des colonnes de l'église inférieure, qui furent englobées dans des piles carrées. Comme l'église inférieure, l'église Saint-Martin est composée de trois nefs, séparées par des colonnes monolithes et voûtées en berceau en plein cintre (sauf entre la troisième et la quatrième travée, où la paire de supports est de forme cruciforme et soutient un arc doubleau). Plus tardivement, on a adjoint à cette église une petite chapelle afin d'y placer les reliques de saint Gaudérique : cela a résulté dans la création d'une quatrième abside au chevet de l'église.

Saint-Martin de Tours représenté le plus souvent, en soldat à cheval, partageant son manteau de son épée.

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Le cloître a conservé trois de ses anciennes galeries ; la galerie sud a été refaite avec les matériaux provenant d'un étage supérieur ajouté au XIIe siècle.

Les restaurations des années 1900-1920 furent assez libres dans le cloître, dont il est difficile d'imaginer l'aspect original. Il a la forme d'un quadrilatère irrégulier (14 mètres de longueur pour les galeries nord, sud et est, 10 mètres pour la galerie occidentale).

Il comportait deux niveaux, construits pour le premier au tout début du XIe siècle et pour le deuxième à la fin du XIIe siècle. Le niveau inférieur, qui présentait des galeries voûtées et des arcades en plein cintre dénudées de tout décor, n’a conservé que trois galeries qui ont été fortement restaurées, leur faisant perdre leur caractère d'origine. Le niveau supérieur, couvert en appentis, possédait des chapiteaux de marbre, qui furent éparpillés après la fermeture du monastère à la Révolution. La restauration a permis d'en récupérer certains, qui furent intégrés dans la nouvelle galerie méridionale. Cette galerie est en effet pure fantaisie, car l'aile méridionale des bâtiments conventuels avait totalement disparu et sa reconstruction était invraisemblable : d'où l'établissement de cette galerie sud, ouvrant sur le précipice, et réutilisant des chapiteaux tant de l'ancien étage supérieur (en marbre blanc, vers 1170) que d'autres leur étant postérieurs (marbre rose, courant XIIIe siècle).

L'église inférieure fut quand elle gardée intacte, cela grace au mur que les moines avaient bâti devant la porte lors de leur départ en 1783.

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La tour-porche ne fait plus que 19 mètres, après sa destruction partielle en 1428. Elle ne fut en effet jamais rétablie totalement. Le crénelage date de la reconstruction.

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                                                                              La Chapelle Saint-Benoit

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L'église Saint-Martin-le-Vieux est située sur la route reliant Casteil à l'abbaye Saint-Martin, à proximité du château primitif des seigneurs de Vernet. De style roman, ancienne église paroissiale du village, elle a été abandonnée en 1783 lors du départ des moines, au profit de l'église actuelle. Totalement négligé, l'édifice, qui s'effondra, disparut bientôt presque totalement sous la végétation.

Lorsqu'on se décida à le dégager et à le restaurer en 1978, il n'en restait plus que les niveaux inférieurs du clocher et de l'église. Il fallut quasiment reconstruire l'édifice, à nef unique charpentée terminée par une abside semi-circulaire voûtée par un cul de four.

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Située au cœur du village actuel, c'était à l'origine un simple oratoire, vraisemblablement établi au XVe siècle. Cet oratoire devint église paroissiale après l'abandon de Saint-Martin-le-Vieux, vers 1658.

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